Comment les compagnies aériennes peuvent-elles optimiser leurs performances économiques grâce à la location ACMI (wet lease) ?

23.01.2023

Même si les compagnies aériennes régulières sont des organisations réglées comme du papier à musique, il n’est pas rare qu’un grain de sable vienne s’immiscer même dans le plus huilé des mécanismes : un avion qui tombe en panne, ou dont la sortie de maintenance est retardée, une partie de l’équipage qui tombe malade, un surcroit d’activité imprévu ou une grève inopinée et tout d’un coup la flotte habituelle ne suffit plus à absorber le nombre de passagers réservés.

 

C’est alors que les compagnies peuvent faire appel à leur joker : la location ACMI (pour « Aircraft, Crew, Maintenance, Insurance” soit avion, équipage, maintenance aéronautique et assurance inclus), aussi appelée “wet lease”.

 

Les compagnies « demandeuses » font alors appel à des courtiers aériens spécialisés (Avico est leader en ce domaine) pour leur trouver un avion complémentaire ou de substitution. Cet appareil d’une autre compagnie “fournisseur” effectuera alors le programme prévu par la compagnie demandeuse : les horaires, numéros de vols, prestataires d’avitaillement en kérosène ou d’assistance au sol seront les mêmes. La compagnie qui affrète cet avion ponctuel sera donc à même d’assurer son service comme promis à sa clientèle. Ce service est facturé à la compagnie demandeuse sur la base de l’heure de vol par la compagnie fournisseur.

 

En anglais, on parle de « lessee » pour la compagnie aérienne locataire (la compagnie qui affrète cet avion de substitution) et de « lessor » pour la compagnie aérienne qui offre son service ponctuel.

 

Le courtier aérien (intermédiaire entre « lessee » et « lessor ») s’occupe des recherches d’avions selon les critères demandés (horaires, destination, nombre de passagers, type de cabine, contraintes légales, réglementaires et de sécurité, assurances etc.) puis du contrat entre les parties et enfin de la logistique entre les partenaires jusqu’au retour de l’appareil et la « réconciliation » des coûts par heure de vol en tenant compte de la fourniture de services complémentaires (mise en place, bus et hôtels pour les équipages, assistants au sol ou en vol etc.).

 

Au-delà des situations imprévues, l’affrètement ACMI est devenu au fil du temps un outil très pratique d’optimisation pour les compagnies aériennes. En effet, leur activité est souvent très saisonnalisée et plutôt que d’alourdir les coûts fixes pour n’utiliser la capacité que ponctuellement, les compagnies préfèrent louer des capacités supplémentaires “à la demande”, quand elles sont pratiquement certaines de pouvoir les vendre de façon profitable. C’est ainsi que certaines compagnies vont ajouter 5, 10 ou 15 appareils à leur flotte durant les mois de juillet – août, ce qui permet d’augmenter la capacité et donc d’offrir des tarifs plus abordables aux passagers.

 

Certaines compagnies vont aussi avoir recours à la location ACMI pour tester un nouveau type d’appareil, accéder à de nouveaux territoires ou pour des dessertes saisonnières ponctuelles. C’est ainsi que le “wet lease” est devenu un outil incontournable d’optimisation des performances économiques des compagnies aériennes.

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